Or et métaux précieux : quand une offre devient un “bien divers” ?

 

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Publié le 2026-01-02

 

 

L’or rassure parce qu’il est tangible.

Pourtant, une partie des offres d’“investissement dans l’or” ne vend pas de l’or : elle vend un montage.

Vous achetez des droits gérés par un tiers, avec une promesse de rendement, de rachat ou de revalorisation.
C’est exactement dans cette zone grise que les arnaques prospèrent ; et le schéma est le même pour d’autres actifs “atypiques” :
• vin
• forêts
• diamants
• panneaux solaires
• œuvres d’art… ( et bien d’autres)

Dans certaines configurations, ces propositions relèvent du régime des “biens divers”.
L’AMF (Autorité des Marchés Financiers)rappelle que ces investissements ne peuvent être proposés que par des intermédiaires autorisés.

Mon objectif ici : Vous apprendre à identifier une offre d’investissements en biens divers et à appliquer une checklist de vérifications simple, avant tout versement.

À retenir :

  • Acheter de l’or n’est pas la même chose qu’investir dans une offre d’investissement  “or” : tout dépend du montage proposé (droits sur un bien, gestion par un tiers, promesse de rendement/rachat/revalorisation).
  • Dès qu’un discours évoque un rendement, un rachat garanti ou une revalorisation, appliquez des réflexes de vérification renforcée.
  • Vérifiez systématiquement les listes de vigilance de l’AMF (liste noire / liste blanche) et conservez des preuves (URL, captures, date).

Sommaire :

1 ) Biens divers : de quoi parle-t-on exactement ?

2 ) C’est quoi un intermédiaire en “biens divers” (et pourquoi c’est une protection) ?

2-1 ) Comment reconnaître, en pratique, si vous êtes face à un intermédiaire en biens divers ?

2-2 ) Avant toute recommandation : un cadre écrit, clair et traçable

2 -3 )Traçabilité de l’argent : un compte dédié par opération

2-4 )  Contrôle annuel : inventaire des biens, comptes et regard d’un tiers indépendant

2-5 ) Marketing et démarchage : l’information doit précéder la promotion

3 ) Le test décisif : achetez-vous vraiment de l’or… ou un “montage” ?

3-1 )  Cas n°1 : vous achetez effectivement de l’or physique  (pièces,lingots):

3-2) Cas n°2 : on ne vous vend pas de l’or, on vous vend un contrat

4 )Que faire si vous avez un doute (avant d’investir et d’effectuer un premier paiement) ?

5 ) Que faire si vous avez déjà payé pour investir?

6 ) Me contacter : épargnants, CIF et professionnels de l’intermédiation en biens divers

6-1 )Vous êtes épargnant / victime (ou en risque de l’être) :

6-2 ) Vous êtes CIF, distributeur ou acteur “professionnalisé

 

1 ) Biens divers : de quoi parle-t-on exactement ?

Les “biens divers” désignent des offres d’investissement portant sur des actifs atypiques : vin, diamants, forêts, œuvres d’art, rentes viagères, chevaux de course, terres rares, panneaux solaires, manuscrits anciens… et, dans certaines offres, l’or et les métaux précieux.

Leur point commun n’est pas l’objet lui-même, mais la structure de l’offre : il ne s’agit pas seulement “d’acheter un bien”.

On va proposer souvent d’acquérir des droits sur ce bien, avec une gestion confiée à un tiers, et des promesses (explicites ou implicites) de revalorisation, de rachat ou de rendement.

C’est précisément ce qui entretient la confusion pour des investisseurs non avertis.

Ces placements sont présentés comme une alternative à la Bourse, “hors marchés”, parfois “décorrélée”, donc supposée plus rassurante pour des investisseurs qui redoutent la volatilité des actions.

En réalité, le risque ne disparaît pas : il change de nature.

Au lieu d’un risque de marché visible (la variation d’un cours), l’investisseur peut se retrouver exposé à des risques souvent plus difficiles à évaluer :

  • opacité du montage (qui détient quoi, qui décide, qui contrôle) ;
  • frais et commissions difficiles à lire ;
  • valorisation contestable ou impossible à vérifier ;
  • liquidité incertaine (revendre peut être long, coûteux, ou impossible) ;
  • et un décalage entre le discours commercial (“simple, sûr, rentable”) et la réalité économique de l’opération.

C’est précisément pour encadrer ces pratiques que la réglementation prévoit, dans certains cas, des exigences de transparence et de contrôle applicables aux acteurs autorisés à proposer ce type d’offres.

2 ) C’est quoi un intermédiaire en “biens divers” (et pourquoi c’est une protection) ?

Dans l’univers des biens divers, le risque ne vient pas seulement de l’actif (or, diamants, panneaux solaires, vins ,etc)

Il vient surtout de l’intermédiaire :

c’est-à-dire la personne ou la structure qui présente l’offre, encaisse les fonds et, parfois, gère l’actif à votre place.

La réglementation encadre ces acteurs pour une raison très concrète :

  • Eviter que n’importe qui puisse commercialiser des placements atypiques avec un marketing agressif, des promesses floues, ou une “liquidité” de façade.

2-1 ) Comment reconnaître, en pratique, si vous êtes face à un intermédiaire en biens divers ?

Vous êtes très probablement dans ce cas lorsqu’un acteur, de manière habituelle :

  • vous sollicite par communication promotionnelle, démarchage, affiliation ou réseaux sociaux ;
  • ne vous vend pas seulement un bien, mais un droit sur un bien (ou un ensemble de biens) ;
  • organise une gestion par un tiers (stockage, arbitrage, revente, entretien, etc.) ;
  • met en avant une promesse de rendement, de rachat, ou de revalorisation.

👉 Mon repère pour vous : rendement + rachat + gestion par un tiers = vous n’êtes plus dans un achat d’or, vous êtes dans une offre d’investissement qui doit être scrutée comme telle.

2-2 ) Avant toute recommandation : un cadre écrit, clair et traçable

Avant de “recommander” un investissement, un intermédiaire sérieux ne se contente pas d’échanges informels.

Les arnaques, elles, prospèrent précisément dans des conversations où tout se fait à l’oral ou par messages (WhatsApp, Telegram, réseaux sociaux, etc.), sans cadre écrit et sans traçabilité réelle.

Le cadre légal posé par l’article L550-1 du Code Monétaire et Financier (CMF) attend donc un minimum de formalisation : une lettre de mission (ou un document équivalent) qui précise :

  • la nature de la prestation proposée ;
  • ses modalités d’exécution ;
  • ce que l’intermédiaire fait — et, surtout, ce qu’il ne fait pas.

👉 Mon conseil pratique : si l’on vous pousse à investir sans document clair, ou si l’on refuse d’écrire noir sur blanc les modalités (prestations, frais, conditions, risques), vous avez déjà un signal d’alerte.

2 -3 )Traçabilité de l’argent : un compte dédié par opération

Un autre marqueur de sérieux, c’est la traçabilité des fonds.

Dans les placements en biens divers, l’encadrement vise à éviter que l’argent des investisseurs circule dans un “flou” comptable :

  • il doit exister un dispositif de collecte et de suivi spécifique à l’opération, afin de limiter la confusion des flux
  • et, dans le pire des cas, les détournements.

👉 A retenir : si vous ne comprenez pas précisément qui encaisse, sur quel compte, pour quelle opération, et avec quels justificatifs (contrat, facture, relevé, références) :

  • il faut suspendre tout versement et demander des explications écrites.

Si la réponse reste vague, ou si l’on vous presse pour vous décider, (“c’est maintenant ou jamais”) :

  • Faire relire le montage par un professionnel du droit financier avant d’aller plus loin.

2-4 )  Contrôle annuel : inventaire des biens, comptes et regard d’un tiers indépendant

Quand un tiers gère des biens divers, la protection des investisseurs organisée par l’article L.550-1 du CMF repose aussi sur une idée simple : pouvoir rendre des comptes.

Concrètement, cela suppose au minimum :

  • l’établissement d’un inventaire des biens gérés (ce qui existe réellement, en quelle quantité, où, sous quelle forme) ;
  • et l’intervention d’un tiers indépendant ;par exemple un commissaire aux comptes ;pour attester de la cohérence et de la régularité des informations communiquées.

Autrement dit, il ne faut pas se contenter de formules vagues du type “faites-moi confiance”.

Un acteur sérieux doit être en mesure de produire ou, à tout le moins, d’expliquer clairement :

  • Les éléments de suivi et de contrôle qui permettent de vérifier la réalité des biens gérés,
  • Et la transparence du montage.

Signal d’alerte : si l’on vous répond que :

  • Ces éléments “n’existent pas”,
  • Et/ou qu’ils sont “confidentiels”,
  • Ou qu’on vous demande d’investir avant de vous les présenter,

👉 Il est prudent de suspendre tout versement.

2-5 ) Marketing et démarchage : l’information doit précéder la promotion

C’est un point fondamental, et souvent mal compris : dans ce type d’offres, l’information du public n’est pas un “bonus” à fournir a posteriori.

Le cadre légal prévoit qu’un document d’information destiné au public soit établi avant toute communication à caractère promotionnel ou tout démarchage, avec un mécanisme de dépôt et de contrôle préalable auprès de l’AMF (Autorité des marchés financiers).

Vous devez exiger le visa de l'AMF, et en vérifier la réalité sur son site Internet en y consultant la liste blanche des offres enregistrées en biens divers.

👉 Mon avis : beaucoup d’arnaques prospèrent précisément parce que le marketing arrive avant l’information ; et surtout parce qu’il est déconnecté de tout élément vérifiable (documentation, traçabilité, mention d’un dépôt/contrôle).

C’est une inversion dangereuse : on vous vend d’abord une promesse, et l’on repousse “les détails” à plus tard.

👉 Réflexe simple : si l’on vous sollicite avec une communication très persuasive (rendement, urgence, “opportunité”), associée à une incapacité de vous donner une information claire, écrite, et vérifiable sur le montage :

  • Il faut suspendre tout versement.

C’est exactement pour cela que la mise en garde publiée par l’AMF le 23 décembre 2025 est précieuse :

Elle rappelle que :

  • Certaines offres sont promues alors que les exigences de transparence, de contrôle et de vérification que je viens d’exposer ne sont pas au rendez-vous,
  • Et que certains acteurs proposent d’investir dans des biens divers sans y être légalement autorisés.

L’objectif de cet article est de vous donner des réflexes simples pour repérer les signaux d’alerte et vérifier avant d’investir.

Ceci avec un point d’attention très actuel :

  • Les offres “phares” du moment portent souvent sur l’or et les métaux précieux.

Gardez en tête une règle de bon sens :

  • Même sur l’or, un rendement “exceptionnel” ou une sortie “garantie” doivent toujours déclencher une vigilance renforcée.

3 ) Le test décisif : achetez-vous vraiment de l’or… ou un “montage” ?

Dans une proposition d’“investissement dans l’or”, la question n’est pas seulement :

  • Suis-je bien propriétaire d’or, de façon réelle et vérifiable ?

La vraie question est :

  • Qu’est-ce que j’achète exactement ?

Dans la pratique, 2 réalités très différentes se cachent derrière le même mot.

3-1)  Cas n°1 : vous achetez effectivement de l’or physique  (pièces, lingots):

Vous achetez un bien identifiable (pièces, lingots), à un prix déterminé, avec des frais explicités, et vous pouvez disposer du bien (livraison, conservation, revente selon les conditions du marché).

➡️ Le risque principal est celui du prix (volatilité) et des frais (achat, stockage, revente), plus le risque de fraude si l’intermédiaire est douteux.

3-2) Cas n°2 : on ne vous vend pas de l’or, on vous vend un contrat

Ici, vous n’achetez pas forcément de « l’or physique ».

Vous achetez souvent un « droit » (contrat, quote-part, “programme”), géré par un tiers, avec une promesse de revalorisation, de rachat ou de rendement.

➡️ C’est la configuration la plus propice aux arnaques, parce que l’or (le “sous-jacent”) sert parfois de décor à un montage opaque.

Les 4 questions “réflexes” anti-arnaques (avant tout Investissement)

  1. Que possédez-vous juridiquement ?
    Un lingot / des pièces identifiables (et à votre nom), ou un droit/contrat sur un bien géré par un tiers ?
  2. Qui détient l’or, où est-il, et comment est-il tracé ?
    “Stockage certifié” ne suffit pas : qui est le dépositaire, quelles preuves, quel inventaire, quelle traçabilité ?
  3. Comment sortez-vous ?
    Revente libre sur le marché, ou rachat par le même opérateur (à ses conditions, avec quels frais, dans quels délais) ?
  4. Pourquoi vous parle-t-on de “rendement” ?
    L’or peut évoluer en valeur, mais un “rendement” présenté comme stable, régulier ou garanti doit déclencher une vigilance renforcée.H2 — Les 7 signaux d’alerte d’une arnaque “or / métaux précieux”

Il n’existe pas de signal unique qui prouve à lui seul qu’une offre est frauduleuse.

En revanche, plusieurs signaux combinés doivent vous faire suspendre tout versement et exiger des explications écrites.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose essentielle par la lecture de cet article c’est que dans l’investissement dans l’or physique , ou tout autre métaux précieux, dès qu’une offre combine droits, gestion par un tiers et promesses de rachat/revalorisation/rendement :

  • Vous devez avant tout engagement dans un parcours d’investissement exiger une information écrite, claire et vérifiable.

4 )Que faire si vous avez un doute (avant d’investir et d’effectuer un premier paiement) ?

Si une offre “or / métaux précieux” déclenche plusieurs alertes, le meilleur réflexe reste le plus simple : ne versez rien tant que vous n’avez pas des explications écrites, cohérentes et vérifiables.

  • Demandez ce que vous achetez exactement (or physique ou droit/contrat).
  • Demandez qui encaisse, sur quel compte, et pour quelle opération.
  • Demandez les conditions de stockage, de traçabilité et de sortie (revente/rachat, délais, frais).
  • Et si l’on vous impose une urgence (“rendement exceptionnel”, “dernière chance”), prenez-le comme un signal supplémentaire : un investissement sérieux supporte un délai de réflexion.

5 ) Que faire si vous avez déjà payé pour investir?

Ici, la vitesse compte : plus vous agissez tôt, plus vous augmentez vos chances de préserver des preuves et de retracer les flux.

  1. Centralisez toutes les preuves : URL, captures, publicités, documents, échanges, identité affichée, RIB/IBAN, reçus, promesses (rendement/rachat).
  2. Établissez une chronologie : dates, montants, canaux, interlocuteurs, pressions exercées.
  3. Stoppez tout paiement complémentaire (frais de déblocage, taxes, “vérification”, etc.).
  4. Faites-vous accompagner : selon le canal de paiement (virement/carte/crypto), le pays et l’intermédiaire, les actions prioritaires ne sont pas les mêmes.

6 ) Me contacter : épargnants, CIF et professionnels de l’intermédiation en biens divers

6-1 )Vous êtes épargnant / victime (ou en risque de l’être) :

Je peux réaliser une revue des risquse (documents, site, promesses, parcours de paiement) pour vous dire clairement où se situe le danger, et quelles démarches sont prioritaires si un versement a déjà été effectué.

Si nécessaire, je vous accompagne dans des démarches conservatoires et de structuration du dossier (mise en demeure, signalements, dépôt de plainte, demandes de traçabilité, etc.).

6-2 ) Vous êtes CIF, distributeur ou acteur “professionnalisé”

Je peux vous aider à sécuriser vos pratiques et réduire votre exposition au risque :

  • audit de vos supports d’information et de vos parcours de distribution ;
  • grille de reformulation “faible risque” (messages exacts, clairs, non trompeurs) ;
  • checklist de vérification (documentation, traçabilité, conditions de sortie) ;
  • cadrage contractuel et process (lettre de mission, preuves, gouvernance) ;
  • et, si pertinent, un volet prévention LCB-FT adapté à votre modèle (cartographie des risques, vigilance, traçabilité, affiliation/partenariats).

Même si j’ai pris l’exemple de l’or et des métaux précieux ;très promus actuellement auprès des investisseurs, la méthode de lecture de cet article s’applique à l’ensemble des offres en “biens divers” :

  • ce n’est pas l’actif qui fait le risque, c’est le montage (droits, gestion par un tiers, promesses de rachat/revalorisation/rendement).

J’interviens en qualité d’avocate en droit financier, placements atypiques et contentieux des fraudes liées aux investissements.

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Je vous répondrai avec plaisir.

Cet article a été rédigé par Maître Véronique Rondeau-Abouly, avec l’appui d’une IA d’OpenAI utilisée pour la relecture, la structuration et l’optimisation rédactionnelle.

Les idées, analyses et arguments développés reposent exclusivement sur mon expertise ; l’outil IA a été mobilisé pour renforcer la clarté et la précision du texte.

Article publié le 2 janvier 2026

Avocate :Droit Financier et Numérique (DPO)

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